TAÏGA : UNE PIÈCE DE THÉÂTRE INTERPRÉTÉE PAR LES ÉLÈVES DE 104

Un article rédigé par Tom Boyer et Baptiste Fauquet

Ce mardi 16 mars, la classe de 104 a interprété une pièce de théâtre au lycée. Cette pièce est celle d’Aurianne Abécassis, autrice française pour le théâtre, la marionnette et la radio. Elle publie Taïga : comédie du réel en 2019.

Ce livre, lauréat du Prix Godot 2021, raconte « l’affaire de Tarnac ». L'affaire de Tarnac commence le 11 novembre 2008, lorsque Julien Coupat est arrêté par la police antiterroriste, lors de l’opération Taïga, avec neuf autres personnes, et mis en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le sabotage de lignes de TGV. Les suspects sont désignés par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie comme appartenant à un groupuscule dit de « l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome ». Taïga raconte cette affaire sensible où se mêlent aspects politiques, médiatiques et judiciaires, en tentant de mettre un peu de lumière sur ce qui peut être considéré comme un des plus grands fiascos de la justice française.

TAÏGA : UNE PIÈCE DE THÉÂTRE INTERPRÉTÉE PAR LES ÉLÈVES DE 104
TAÏGA : UNE PIÈCE DE THÉÂTRE INTERPRÉTÉE PAR LES ÉLÈVES DE 104

Les élèves ont joué deux extraits de cette pièce, son incipit et son excipit. La préparation a duré deux jours en classe entière et les élèves étaient accompagnés de Mme Paul-Barba, professeure de français, ainsi que d’Agnès Sighicelli, autrice, metteuse en scène et comédienne professionnelle. Pour pouvoir jouer cette pièce, les élèves ont dû s’entraîner à se mettre dans la peau de divers personnages, ils ont dû apprendre à contrôler et à exprimer les émotions du personnage qu’ils jouaient, mais aussi à maîtriser leur gestuelle, à travailler leur aisance à l’oral, à gérer leur stress devant un public pour que le personnage qu’ils devaient jouer prenne vie. Pour cela, Agnès Sighicelli a mis en place de nombreux exercices comme celui de l’improvisation. Les lycéens devaient parvenir à jouer plusieurs émotions différentes, comme la colère, la peur ou la joie et en plus de cela trouver une histoire dans laquelle ils ne devaient pas y avoir de temps mort, cela n’a pas été facile pour tout le monde. Puis d’autres exercices, qui semblaient parfois complètement ridicules mais qui leur permettaient de s’extravertir davantage et de parler plus aisément et plus fort - les masques n’arrangeant rien. Jouer des émotions sans pouvoir montrer son visage n’est malheureusement pas chose aisée. La classe se comportait bien, progressait et s’entraidait, tout était fait dans une bonne ambiance et dans une bonne volonté.

Dès le lundi après-midi, les lycéens ont commencé à apprendre leur texte, il s’agissait de l’incipit. Et il fallait trouver, en plus d’apprendre les lignes, une mise en scène qui puisse être jouée. Les élèves ont été divisés en trois groupes, chacun avait un morceau de texte et une façon de le dire ainsi qu’une manière de se déplacer et de jouer. Agnès Sighicelli corrigeait les erreurs, et modifiait certaines actions quand cela était nécessaire. Elle décidait des effets sonores et des musiques pour rendre cette pièce encore plus immersive.

Le lendemain, les lycéens ont appris l’excipit. Celui-ci, étant plus long, demandait plus d’efforts. C’était la scène du tribunal. Il fallait maîtriser son texte à la perfection car les discours s’enchaînaient, ils devaient tous rester synchronisés. Les élèves ont répété sans relâche leur texte et, à 16h10, la pièce s’est jouée, devant notre proviseur Mr Vinatier et une vingtaine d’autres personnes. Malgré le stress, tous se sont admirablement bien débrouillés, les lignes étaient sues, fluides. Les gestes étaient maîtrisés, précis. La plupart des élèves ont trouvé que c’était une expérience à faire, mais bizarrement pas à refaire. Tous sont sortis enrichis d’une expérience qu’ils n’auraient peut-être jamais faite sans ce projet lié au prix Godot.

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